Traduire la planification en projets concrets, partagés et réalisables : c’est l’objectif porté par le réseau Les Générateurs en Pays de la Loire dans le cadre de l’élaboration de schéma directeur des énergies renouvelables (SD EnR).
L’équipe d’animation nationale Les Générateurs a interrogé Amandine Adreani (Territoire d’énergie de Loire-Atlantique), conseillère Les Générateurs en Loire-Atlantique qui a accompagné la communauté de communes du Pays d’Ancenis à réaliser son SD EnR. Ce territoire est marqué par un fort potentiel et des tensions autour de certaines filières, notamment l’éolien.
Un besoin identifié dès le premier PCAET
À l’origine du projet, un constat était fait par les territoires pour plusieurs PCAET : les objectifs de production d’énergies renouvelables étaient souvent bien identifiés, mais sans traduction opérationnelle concrète.
« On identifiait les gisements, parfois un ou deux projets, mais sans savoir précisément comment atteindre les objectifs de production d’ENR »
Pour répondre à cette difficulté, Territoire d’énergie de Loire-Atlantique (TE44) a développé une méthodologie de schéma directeur visant à aller plus loin que les approches classiques de planification. L’objectif : passer d’une vision théorique du potentiel à une liste de projets pré-identifiés, techniquement crédibles et validés politiquement.
Le Pays d’Ancenis a été l’un des premiers territoires à être accompagné dans cette démarche à l’automne 2023. Le territoire faisait lui-même face à plusieurs enjeux : un important développement éolien déjà existant, un sentiment de saturation exprimé par certains élus, ainsi que de fortes contraintes paysagères et environnementales liées notamment à la Loire au sud et à la vallée de l’Erdre au Nord. Le bilan à mi-parcours du PCAET a confirmé la nécessité d’aller plus loin : les objectifs fixés restaient éloignés des réalisations concrètes.
Une démarche progressive et participative pour faire émerger des projets
Dans le cadre de son accompagnement Les Générateurs, la conseillère a conçu le schéma directeur comme une démarche « en entonnoir » : partir de l’ensemble des potentiels disponibles pour aboutir progressivement à une liste de projets sur l’ensemble des filières (EnR électrique, chaleur renouvelable & méthanisation).
Une première phase a été consacrée à l’acculturation collective et à la montée en compétence des élus. Le cadre du schéma directeur a permis de s’appuyer sur l’intercommunalité qui a organisé régulièrement des instances rassemblant l’ensemble des communes du territoire autour d’ateliers collectifs, animés par TE44 sur les différentes filières. La mobilisation a été particulièrement forte pour les 20 communes avec près d’une trentaine de participants, des élus et des techniciens, à chaque réunion.
« Cela a permis de recréer des espaces de discussion sur les questions énergétiques et de repositionner l’intercommunalité dans son rôle de facilitateur de la transition énergétique »
La seconde phase a permis d’approfondir les potentiels, notamment sur l’éolien et le photovoltaïque. Des groupes de travail spécifiques ont été organisés et animés par la conseillère pour parler de la gouvernance et identifier les zones de développement. Des études de préfaisabilité ont été réalisées sur le PV sol et ombrière.
Pour aller plus loin sur les deux phases, des sessions de « speed meeting » communal ont été organisées afin que la conseillère Les Générateurs puisse rencontrer toutes les communes individuellement afin parler du potentiel et identifier les zones sur lesquelles avait été menées des études (phase 1) et pour restituer les études et valider le lancement du projet (phase 2).
Au total, la démarche a permis :
- d’organiser plusieurs dizaines d’ateliers et de réunions locales ;
- de réaliser de nombreuses études de pré-faisabilité ;
- de passer d’environ 450 zones potentielles représentant près de 4 000 GWh à une sélection resserrée d’une centaine de zones comptabilisant 534 GWh de gisements d’énergie renouvelable nouveaux, dont les ¾ reposent sur les projets éoliens
Des freins politiques mais aussi des leviers collectifs
Le principal frein identifié reste le portage politique, dans un contexte pré-électoral où certaines décisions structurantes étaient difficiles à prendre. Néanmoins, le SD EnR a permis d’acter une réflexion avec les élus du mandat 2026-2032, sur la création d’une SAS Territoriale, véritable outil financier et juridique permettant de développer les projets.
La temporalité de la loi APER a également influencé la démarche. L’obligation d’identifier rapidement des zones d’accélération a conduit les acteurs à entrer très tôt dans les questions de localisation des projets. Avec le recul, Amandine estime qu’il aurait été utile de consacrer davantage de temps, dès le départ, aux questions de gouvernance et de vision politique du développement des ENR :
« Avant de rentrer dans les détails techniques, il faut laisser aux élus le temps de définir leur posture politique et la manière dont ils souhaitent développer les projets sur leur territoire. »
Des résultats déjà structurants pour le territoire
Le schéma directeur a finalement été adopté par délibération en décembre 2025, ce qui constitue une étape importante pour le territoire. Le document acte notamment plusieurs orientations structurantes :
- Se doter d’une vision territoriale du développement des EnR
- Exemple : Traduire les zones identifiées pour les ENR, dans les PLU
- S’organiser à l’échelle intercommunale
- Exemple : Échanger sur les projets en cours via une instance dédiée
- S’outiller
- Exemple : Mener une réflexion sur le développement d’une SAS Territoriale pour appuyer les communes dans leur projet
Ce travail sur le Schéma directeur des EnR, à la fois pédagogique et opérationnel, individuel et collectif, d’échelle communale et intercommunale, a permis d’entrer dans la réflexion sur la transition énergétique du territoire de manière très pragmatique.
Les perspectives de réflexion qui ont été ouvertes à cette occasion seront approfondies, reprises et retravaillées dans le cadre de futurs documents stratégiques, et, en premier lieu, dans le cadre du Plan Climat Air Energie Territorial, dont la révision est lancée.
Si le sujet du développement des projets photovoltaïques ou éoliens vous intéresse et que vous avez besoin de l’accompagnement d’un tiers neutre et de confiance, n’hésitez pas à nous solliciter.


