Publiée en février 2026, la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE 3) fixe les trajectoires de développement énergétique pour les dix prochaines années (paliers 2030 et 2035) et redonne de la visibilité aux filières renouvelables et aux acteurs territoriaux.
Un document de planification essentiel pour la stratégie énergétique française
Aux côtés de la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC) et du Plan National d’Adaptation au Changement Climatique (PNACC), la PPE constitue l’une des principales feuilles de routes de la Stratégie Française pour l’Énergie et le Climat (SFEC). Ensemble, ces documents doivent permettre d’atteindre un triple objectif :
- atteindre la neutralité carbone en 2050,
- assurer la disponibilité de l’énergie à un coût maitrisé
- adapter la France au climat futur.
Dans ce cadre, la PPE définit les priorités d’actions de la politique énergétique pour une période de dix ans, révisée tous les cinq ans. Elle établit les trajectoires de consommation et de production d’énergie, la répartition par filières et les besoins d’investissements en conséquence.
Elle était donc très attendue par les acteurs des différentes filières, notamment des filières électriques renouvelables, sujettes à de nombreux débats et en attente d’une reprise des appels d’offre à l’arrêt depuis quelques mois.
Le SER (Syndicat des Énergies Renouvelables) salue ainsi la publication de la PPE 3 comme une « avancée majeure qui doit produire rapidement des effets sur le terrain ».
Les objectifs de transition énergétique réaffirmés
Dans la PPE 3, le gouvernement réaffirme l’objectif de consommer moins d’énergie, mais davantage d’électricité décarbonée et souveraine afin d’atteindre les objectifs climatiques et réduire la dépendance aux énergies fossiles.

Figure de la temporalité des leviers disponibles pour assurer le bouclage énergétique en électricité, DGEC.
Elle prévoit ainsi de passer des 1510 TWh d’énergie consommée en 2023 à 1100 TWh en 2035. En parallèle, elle vise à transformer la part des différentes natures d’énergie consommée :
- une forte réduction de la part des énergies fossiles (de 58% à 29%)
- une hausse de la part de l’électricité et des énergies renouvelables non électriques (de 42% à 70%).
Pour ce faire, la PPE 3 acte la relance du nucléaire et la stabilisation des ambitions autour du déploiement des EnR électriques terrestres.

Projection de l’évolution du mix énergétique, issue de la synthèse de la PPE 3
Photovoltaïque et éolien : ce qu’il faut retenir des nouvelles trajectoires
Concernant le photovoltaïque, la PPE 3 confirme les objectifs et prévoit d’atteindre 48 GW de puissance installée d’ici 2030, soit 3,3 GW installés par an, puis de 55 à 80 GW d’ici 2035, soit 4 GW installés par an en moyenne, contre 31,3 GW déjà installés en 2025. Avec 6,1 GW installés en 2025 et 5,2 GW installés en 2024, les objectifs de la PPE3 sont modérés au regard des tendances de ces dernières années, le soutien de l’Etat pouvant varier en fonction du segment de la filière.
La répartition entre les différentes technologies est pressentie ainsi :
- 5% sur petites installations au sol
- 41% sur petites et moyennes toitures
- 54% sur grandes installation – dont 38% au sol et 16% sur toiture, avec une part de l’agrivoltaïsme à affiner.
Pour ce qui est de l’éolien terrestre, la PPE 3 donne la priorité au renouvellement et la trajectoire prévue se calque sur le rythme actuel du développement entre 1 et 1,3 GW installé par an, permettant alors d’atteindre 31 GW installés en 2030, puis entre 35 et 40 GW d’ici 2035, contre 26,1 GW effectivement installés en 2025. Avec 0,9 GW installés en 2025 et 1,2 GW installés en 2024, les objectifs de la PPE3 sont en cohérence avec la tendance des dernières années.
La PPE 3 remet également en mouvement l’ensemble des dispositifs de soutien aux énergies renouvelables électriques. Elle prévoit des appels d’offre réguliers pour le photovoltaïque et l’éolien pour soutenir les trajectoires attendues.
Pour le photovoltaïque, deux appels d’offres sont attendus par an pour les installations au sol et trois pour les toitures jusqu’en 2028, complétés par un soutien renforcé aux petites installations sur bâtiment à partir de 2029. L’agrivoltaïsme pourra également bénéficier d’appels d’offres spécifiques.
Pour l’éolien terrestre, deux appels d’offre annuels sont maintenus. Enfin, un appel d’offre neutre technologiquement – ouvert à toutes les EnR électriques – sera publié chaque année.

Tableau de synthèse des objectifs pour le photovoltaïque et l’éolien terrestre, issu de la PPE (2026-2030)
Le rôle des territoires dans l’atteinte des objectifs de développement des énergies renouvelables
Cette troisième PPE confirme aussi rôle clé et la nécessité de « poursuivre l’implication forte des collectivités et régions, en particulier en matière de planification, et une amélioration de la gouvernance locale autour des projets et de leurs actions en faveur de l’efficacité énergétique ».
Par ailleurs, elle prévoit, comme stipulé par la loi Climat et Résilience de 2021, une régionalisation des objectifs de développement des énergies renouvelables, qui seront fixés par décret en tenant compte des potentiels énergétiques propres à chaque région.
Chaque comité régional de l’énergie devra proposer ces objectifs, organiser la concertation avec les collectivités et suivre leur mise en œuvre, notamment leur intégration dans les schémas de planification (comme les SRADDET).
Vous êtes une collectivité et souhaitez en être accompagnée dans la planification des énergies renouvelables sur votre territoire, en savoir plus sur les futurs appels d’offres ou souhaitez faire émerger un projet photovoltaïque ou éolien sur votre territoire ?


