Créé en 1979, Observ’ER est devenu au fil des décennies un acteur de référence du secteur des énergies renouvelables en France. L’association, forte de son pôle d’édition (Journal de l’Éolien, Journal du Photovoltaïque, Journal des Énergies Renouvelables…) et de son pôle Études, publie chaque année le Baromètre des Énergies Électriques Renouvelables, en partenariat avec l’ADEME et la FNCCR.
L’édition 2025 révèle une dynamique contrastée selon les filières, dans un contexte de changements réglementaires et d’incertitudes économiques. Avec une part des énergies renouvelables dans la consommation d’électricité qui atteint 31,34 % en 2024, et devrait progresser à 32,5 % en 2025, Observ’ER estime qu’« l’objectif de 40 % à l’horizon 2030 paraît atteignable » (Baromètre 2025).
Dans cet article, l’équipe d’animation du réseau Les Générateurs donne la parole à Frédéric Tuillé, Responsable des Études chez Observ’ER, pour décrypter les résultats 2025, et éclairer les enjeux pour les territoires engagés dans le développement du photovoltaïque et de l’éolien.
Comprendre l’Observatoire des EnR électriques
Pour Frédéric Tuillé, l’observatoire s’inscrit dans une logique de long terme :
« L’Observatoire des EnR électriques est une association privée à but non lucratif, qui s’appuie sur deux grands pôles : l’édition et les études. Notre rôle est de produire des données fiables et de les contextualiser, afin de comprendre comment les filières évoluent réellement. »
Depuis quinze ans, le Baromètre compile et analyse des données issues du SDES, d’EDF, de RTE, de l’ADEME ou encore des observatoires régionaux.
« Nous ne créons pas d’indicateurs, précise-t-il. Nous rassemblons ceux qui existent déjà, et notre valeur ajoutée consiste à mettre ces chiffres en perspective, à expliquer ce qui se passe sur le terrain. »
Photovoltaïque et éolien terrestre : des dynamiques très différentes
Photovoltaïque : une filière devenue locomotive
Avec 29,7 GW installés au 30 septembre 2025, dont 4,5 GW raccordés sur la seule année, le photovoltaïque confirme sa place de première filière renouvelable en puissance.
« Le PV a littéralement explosé son plafond de verre. Il y a cinq ans, on stagnait autour de 1 GW par an. En 2024, on en fait 5. C’est une filière multiforme, active sur les toitures, les grandes centrales et l’autoconsommation. »
Le secteur représente 37 500 emplois directs et 14,6 M€ d’activité. Malgré cela, la nouvelle PPE laisse entrevoir une phase de décélération.
« Il ne faut surtout pas que les collectivités s’auto-censurent. Certaines régions peuvent dépasser les objectifs nationaux, et il est possible d’être plus ambitieux que la PPE. »
Éolien terrestre : une filière sous pression
Avec 532 MW raccordés au cours des trois premiers semestres 2025, l’éolien terrestre ralentit fortement.
« La nouvelle PPE cantonne surtout le développement éolien au repowering. »
Pourtant, les bénéfices territoriaux sont bien documentés.
« Les retombées économiques locales sont fortes. Il est crucial que les collectivités continuent à soutenir les projets, car il s’agit d’un levier de développement important. »
Un contexte particulier qui a influencé les résultats 2025
Les résultats 2025 s’expliquent en grande partie par l’arrêt provisoire des appels d’offres CRE en milieu d’année, et par l’attente de la PPE.
« Sur le photovoltaïque, l’arrêté S21 et la mise en pause des appels d’offres en 2025 ont été de vrais freins. C’est très conjoncturel, lié aux orientations politiques. Les appels d’offres devraient repartir en 2026, mais tout dépendra du calibrage. Le premier AO simplifié issu de l’arrêté S21 a été largement soussouscrit.
Il y a des projets en attente qui repartiront dès que les conditions seront clarifiées. Mais entre un appel d’offres et un raccordement, il se passe du temps. »
Le rôle essentiel des Générateurs dans ce contexte
Interrogé sur la place des conseillers des Générateurs dans ce paysage mouvant, Frédéric Tuillé insiste sur l’importance d’un accompagnement durable :
« Les Générateurs ont un rôle de tiers de confiance indispensable. Ils répondent à la défiance éventuelle, mais ils peuvent aussi être moteurs pour les collectivités qui veulent être plus proactives. »
Et il rappelle que la transition énergétique est un processus long :
« Il est essentiel que des dispositifs comme Les Générateurs soient pérennes, pour assurer un accompagnement dans la durée et installer durablement les réflexes de transition énergétique. »
Envie d’aller plus loin et de contribuer concrètement au développement des EnR électriques dans votre territoire ?
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