L’autoconsommation collective (ACC) suscite un intérêt grandissant de la part des collectivités. Production locale, maîtrise des dépenses énergétiques, valorisation du patrimoine public : les bénéfices sont nombreux. Mais comment passer de l’idée à la mise en œuvre ?
L’animation nationale du réseau Les Générateurs a échangé avec Benoit Basque, conseiller Les Générateurs au sein du Sipperec, syndicat d’énergie de la périphérie de Paris et acteur historique du photovoltaïque en Île-de-France.
Cet échange a permis d’identifier les enseignements à retenir pour les collectivités souhaitant se lancer dans une opération d’autoconsommation collective patrimoniale, grâce à l’expérience que Benoit a pu acquérir sur la question depuis son arrivée au Sipperec en 2020.
L’ACC patrimoniale : une solution particulièrement adaptée aux collectivités
L’autoconsommation collective consiste à partager la production d’une ou plusieurs installations photovoltaïques entre plusieurs consommateurs situés à proximité.
Dans le cas d’une ACC patrimoniale, la collectivité produit et consomme elle-même l’électricité au sein de son patrimoine. Concrètement, une commune peut par exemple installer des panneaux photovoltaïques sur une école et répartir la production entre plusieurs bâtiments municipaux : piscine, mairie, gymnase ou restauration scolaire.
Pour Benoît Basque, ce modèle répond à une attente forte des élus :
« Produire localement et consommer localement, c’est quelque chose qui parle immédiatement aux collectivités. Cela permet de concrétiser la transition énergétique sur le territoire et de montrer des résultats visibles aux habitants. »
Au-delà de sa dimension symbolique, l’ACC permet également de sécuriser une partie des dépenses énergétiques sur le long terme grâce à une production locale dont le coût est connu dès l’investissement initial.
Premier réflexe : identifier les bâtiments producteurs
L’une des principales idées reçues consiste à penser que le point de départ d’une opération d’ACC est l’identification des bâtiments consommateurs. En réalité, la première étape consiste souvent à repérer les bâtiments susceptibles d’accueillir une installation photovoltaïque.
Selon Benoit Basque, « Pour les communes en Île-de-France, le caractère urbain de leur territoire fait que ce ne sera jamais un problème de trouver des bâtiments consommateurs. Autant faire un projet produisant le plus d’électricité possible ».
Les collectivités franciliennes disposent généralement de nombreux points de livraison (PDL) et de besoins électriques importants. Le véritable enjeu réside donc plutôt dans l’identification des bâtiments offrant un potentiel de production intéressant :
- toitures de grande surface ;
- bâtiments faisant prochainement l’objet de travaux ;
- équipements présentant une bonne exposition solaire ;
- structures compatibles avec l’installation photovoltaïque.
Les projets les plus pertinents sont souvent ceux qui s’inscrivent dans une réflexion patrimoniale globale.
« Je demande toujours aux collectivités que j’accompagne si elles ont prévu de refaire l’étanchéité ou l’isolation d’une toiture : c’est souvent le bon moment pour intégrer dès cette phase les contraintes liées à une future installation photovoltaïque. », précise Benoit Basque.
Cette anticipation permet d’éviter des surcoûts ultérieurs et de garantir la compatibilité entre les choix constructifs et le projet énergétique.
Bien connaître ses consommations : un facteur clé de réussite
Une fois le potentiel de production identifié, l’étape suivante consiste à analyser les consommations des bâtiments. L’objectif n’est pas nécessairement de maximiser la production mais bien d’optimiser l’adéquation entre production et consommation.
Certains bâtiments se prêtent particulièrement bien à l’autoconsommation collective :
- les piscines ;
- les cuisines centrales ;
- les bâtiments administratifs ;
- les équipements fortement consommateurs en journée.
Selon Benoît Basque, un bâtiment présentant une consommation importante au moment où la centrale produit le plus sera souvent plus pertinent qu’un bâtiment affichant une consommation annuelle élevée mais mal synchronisée avec la production solaire.
Le travail sur les profils de consommation constitue donc une étape déterminante pour dimensionner correctement l’installation et définir les contours de la future boucle d’autoconsommation.
Penser la boucle d’autoconsommation avant de penser la puissance photovoltaïque
Contrairement à un projet de vente totale d’électricité, une opération d’ACC se construit d’abord autour des usages.
L’objectif est de valoriser au maximum l’électricité produite localement. Cela implique de réfléchir très tôt à la répartition des consommations, aux bâtiments à intégrer dans la boucle, et à l’éventuelle évolution des consommations du patrimoine communal.
Certaines collectivités choisissent ainsi d’ajouter progressivement de nouveaux points de consommation lorsque la production devient supérieure aux besoins initiaux identifiés. Cette approche nécessite une vision globale du patrimoine communal et de ses usages énergétiques.
L’autoconsommation collective : un projet avant tout transversal
Si les aspects techniques restent importants, la réussite d’une opération repose également sur la mobilisation de nombreux acteurs :
- élus ;
- services techniques ;
- gestionnaires de bâtiments ;
- services énergie et patrimoine ;
- partenaires techniques et institutionnels.
L’ACC se situe en effet au croisement des politiques énergétiques, patrimoniales, budgétaires et environnementales des collectivités.
Elle constitue souvent une porte d’entrée vers des réflexions plus larges autour de la rénovation énergétique, de la gestion du patrimoine ou encore du développement des énergies renouvelables locales.
Les Générateurs : un appui pour structurer la réflexion en amont
Avant même le lancement des études de maîtrise d’œuvre, plusieurs questions stratégiques doivent être posées : Quels bâtiments présentent le meilleur potentiel ? Quelles consommations intégrer dans la boucle ? Quelle forme d’autoconsommation privilégier ? Quelles conditions de réussite réunir en amont ?
Vous souhaitez développer une opération d’autoconsommation collective ?
Qu’il s’agisse d’une réflexion sur votre patrimoine bâti, d’un projet photovoltaïque sur toiture ou d’une future opération d’autoconsommation collective, les conseillers Les Générateurs peuvent vous accompagner dans les premières étapes de votre démarche et vous aider à répondre à ces questions stratégiques.


