Animation Nationale : Pourquoi le sujet de l’énergie renouvelable citoyenne est en forte croissance ces dernières années ? Quels sont les avantages pour un élu ou une collectivité ?
Elise Charleux : Depuis une dizaine d’années, les collectifs citoyens constitués autour du développement des énergies renouvelables se multiplient dans la région des Pays de la Loire (ils sont aujourd’hui près d’une centaine dans la région). Ils se mobilisent aux côtés des communes et des EPCI pour représenter les territoires dans ces projets jusqu’ici essentiellement privés.
Les citoyens se mobilisent soit en investissant dans le projet d’énergie renouvable – c’est le financement participatif, soit en tant qu’actionnaires dans les projets. C’est là, en tant qu’actionnaires, qu’ils pourront vraiment être acteurs dans la prise des décisions du projet. Plus la part d’actionnariat de territoire (Collectivité + citoyens) est forte, plus le territoire verra naître des projets qui respectent ses attentes.
Ainsi, acteurs publics et collectifs citoyens auront tout intérêt à se rassembler dans l’actionnariat de ces projets d’énergie renouvelable pour garantir une place plus conséquente pour le territoire dans les prises de décision.
Comment un élu peut-il encourager concrètement les collectifs citoyens ? Un exemple concret à partager dans le cadre d’un projet accompagné par Les Générateurs en Pays de la Loire ?
Les collectivités et les collectifs citoyens peuvent être à l’initiative des projets, c’est la situation idéale pour que le projet soit vraiment à l’image du territoire (localisation, taille, gestion des bridages), mais dans la majorité des cas, ce sont les développeurs privés qui initient les projets.
Ainsi, plus tôt le territoire (collectivité et citoyens) est informé de l’émergence d’un projet, plus tôt il pourra décider de son positionnement dans celui-ci.
En Maine et Loire, le SIEML propose par exemple tous les ans un appel à projet nommé Polliniser. Il permet aux communes ou aux EPCI qui candidatent de bénéficier d’une aide pour financer un accompagnement à l’émergence d’un collectif citoyens.
Depuis 2022, 3 collectifs citoyens ont émergé grâce à ce dispositif. D’autres accompagnements sont en cours pour faire émerger de nouveaux collectifs.
Vous êtes active dans des réseaux citoyens locaux comme RÉCIT en tant que co-présidente, pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
RÉCIT est le réseau des énergies citoyennes en Pays de la Loire. Son Conseil d’Administration est composé à la fois par les acteurs publics et les collectifs citoyens.
Les élections des 6 membres de son bureau sont des élections sans candidat. Ainsi, j’ai été élue comme co-présidente de l’association dès ma prise de poste au SIEML.
C’était un challenge mais surtout une formidable occasion de mieux connaitre les réseaux citoyens et comprendre leur rôle dans l’écosystème de l’énergie renouvelable.
Je suis toujours coprésidente aujourd’hui malgré les différents renouvellements du bureau (mandat de 1 an). C’est très complémentaire avec ma mission de conseillère Les Générateurs ADEME car ainsi je peux créer du lien entre les acteurs publics et les collectifs citoyens qui ont parfois du mal à se comprendre malgré leurs intérêts communs.
Des actualités et événements citoyens dans la région à ne pas manquer ?
Je conseille particulièrement aux élu-e-s les programmes d’acculturation à la thématique de la transition énergétique :
- Les contenus du dispositif ADEME « Elus pour agir »: https://agirpourlatransition.ademe.fr/collectivites/conseils/elus/elus-pour-agir
- La série de webinaires proposée par l’association AMORCE : https://amorce.asso.fr/evenement/webinaires-nouveau-mandat-energie-reseaux-26
Pour les acteurs publics et citoyens, l’agenda de RÉCIT propose toute une série de formations et programmes de sensibilisation sur le sujet des énergies renouvelables citoyennes. De nombreuses thématiques sont génériques et peuvent être utiles à toutes les Régions du territoire.
A propos
Elise Charleux est conseillère Les Générateurs en Pays de la Loire depuis +3 ans au Syndicat d’Energie du Maine et Loire (SIEML).
Elle a une formation initiale en éthologie et dans le domaine du développement durable. Cette formation s’est suivie d’une quinzaine d’années d’expérience dans le secteur de la gestion des déchets puis de l’économie circulaire. C’est par le prisme de ses compétences en médiation et sa connaissance des acteurs publics qu’elle a bifurqué dans le domaine des énergies renouvelables.
Aujourd’hui, elle accompagne les élus sur l’émergence des projets éolien, photovoltaïque au sol et agrivoltaïque. Plus spécifiquement, sa mission consiste au quotidien à acculturer les élus lors des conseils municipaux notamment, puis les accompagner lors de réunion de travail avec les développeurs pour défendre les intérêts de la collectivité.
De manière plus ponctuelle, elle développe des outils d’accompagnement pour les collectivités (type quizz ou grille d’analyse) et les accompagne dans leurs démarches d’Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI).


